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VETERINAIRE NOUVEAUX ANIMAUX DE COMPAGNIE (NAC) PARIS 14

NOS AMIS LES LAPINS « DE COMPAGNIE » ET LES TORTUES « DE JARDIN »

Les Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) sont de plus en plus nombreux dans nos foyers et nécessitent des connaissances avancées tant pour vous propriétaires attentionnés que nous vétérinaires traitants. La formation initiale dispensée dans les écoles vétérinaires demeure encore insuffisante. Une spécialisation confidentielle a vu le jour il y a quelques années. Pour pallier ce déficit de connaissance, le Docteur Fève, a suivi un apprentissage intensif en petits mammifères et reptiles avec deux grands spécialistes reconnus dans la médecine et la chirurgie des NACs : le Dr Didier Boussarie et le Dr Lionel Schilliger. Grâce à ces acquis, le Dr Fève a développé une consultation spécifique pour lapins, rongeurs et tortues. Le nom de la clinique ALIZEE vient d’ailleurs du nom de la tortue du Docteur Fève, Eurotestudo hermanni, en paisible villégiature au bord de l’océan atlantique.

La fable de La Fontaine sur le lièvre et la tortue, leur berceau géographique commun (le pourtour méditerranéen) pour le lapin « de compagnie » (Oryctolagus cuniculus) et les tortues de « jardin (Eurotestudo hermanni et Testudo graeca) nous conduit logiquement à mener de front leurs particularités respectives.


LES SPÉCIFICITÉS ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES DU LAPIN « DE COMPAGNIE » ET DE LA TORTUE « DE JARDIN ».

Les lapins (ou lagomorphes) forment un Ordre distinct de celui des rongeurs. Le lapin de compagnie est la forme domestique du lapin de garenne. Ils sont munis d’une dentition à croissance permanente et sont strictement herbivores. Les lagomorphes émettent deux types de crottes, les crottes diurnes dures rondes et sèches et les crottes nocturnes, appelées caecotrophes, molles,allongées, collantes et immédiatement ingérées après leur émission. Cette pratique appelée caecotrophie permet une double digestion du bolus alimentaire et un apport en vitamines.

Les lapins sont très prolifiques, les femelles peuvent avoir jusqu’à 7 portées annuelles, soit une trentaine de lapereaux par an.

Les tortues (ou chéloniens) forment un Ordre au sein de la classe des reptiles dont la caractéristique est d’avoir une carapace. Cette carapace comprend deux parties, le plastron ventral et la dossière dorsale réunis latéralement par deux ponts osseux. Il reste donc une ouverture à l’avant pour passer la tête et les membres antérieurs et une ouverture à l’arrière d’où sortent les membres postérieurs et la queue. La carapace (le derme) est constituée de plaques osseuses soudées (comme les os crâniens) recouvertes d’écailles kératinisées (l’épiderme) disposées en quinconce afin d’augmenter la rigidité de la structure.

Cette carapace est un tissu vivant à part entière et il ne faut surtout pas soustraire son poids à celui de l’animal tout entier dans le calcul des posologies des médicaments. La pesée et la mesure d’une tortue sont des relevés morphométriques très intéressants à vérifier pour savoir si le spécimen affiche un poids de forme satisfaisant pour sa taille.
tortue male femelle

Animaux poïkilothermes (température variable en fonction du milieu de vie), ils possèdent une Zone de Température Optimale (ZTO) également appelée Température Moyenne Préférée (TMP). L’hibernation est un comportement d’adaptation à des conditions environnementales devenues hostiles pendant la saison froide. Cette période doit faire l’objet de beaucoup d’attention pour prévenir nombre de pathologies sévères à la sortie de cette torpeur hivernale. Leur mue est beaucoup plus discrète que chez les squamates ophidiens et sauriens. Les tortues sont ovipares et la maturité sexuelle est davantage conditionnée par la taille que par l’âge.

ALIMENTATION ET CONDITIONS D’ENTRETIEN DU  LAPIN « DE COMPAGNIE » ET DE LA TORTUE « DE JARDIN »

L’alimentation du lapin de compagnie ne doit pas se calquer sur celle des lapins d’élevage. Un foin de qualité est la base essentielle de la ration : il sera distribué à volonté tous les jours. Les fibres sont en effet la pierre angulaire de la digestion et de la flore intestinale, leur effet abrasif participe activement à l’usure vitale de la dentition à pousse continue. La verdure fraîche (herbes et légumes frais) ne doit pas dépasser 80 g par kg de poids corporel et par jour. Les granulés industriels extrudés (largement préférables aux mélanges de graines) ne doivent pas dépasser 30 g d’aliment complet par kg de poids et par jour (attention aux risques d’obésité). Les aliments frais suivants sont à éviter car susceptibles de provoquer des troubles digestifs dangereux : haricots et pommes de terre crus, avocats, oignons et bien sûr if et laurier rose.

Conditions d’entretien des lapins de compagnie : ces derniers sont naturellement stressés. Ils ont développé des réactions de fuite, suivie d’une nécessité impérieuse de se cacher. Ils ont besoin de calme et d’isolement. La vie en partie en cage et en partie en liberté dans le foyer sous l’œil vigilant du propriétaire est un bon compromis. L’emplacement et la taille de la cage, la cabane en guise de terrier, le matériau, la litière, les écuelles, le biberon, le râtelier et les agrès revêtent tous une importance pour le bien-être du lapin et seront par conséquent choisis avec raison et discernement. La température ambiante idéale se situe entre 18 et 21°C. Au-delà de 25°C le lapin peine à assurer sa thermorégulation et une température de 30°C peut lui être fatale.

L’alimentation des tortues, préoccupation majeure des propriétaires, est d’une importance capitale. Dans le palmarès des dominantes pathologiques, les affections nutritionnelles, les maladies infectieuses et les traumatismes de la carapace constituent le trio « perdant ». Les tortues de jardin sont des reptiles végétaliens essentiellement phytophages. De façon schématique, leur régime doit comporter 90% de végétaux et 10% de fruits, c'est-à-dire riche en eau, en fibres, en glucides, en minéraux (ratio Calcium/Phosphore, Ca/P compris entre 2 et 5) en vitamines et oligoéléments mais pauvre en protéines végétales et en matière grasses. Dans votre jardin, vous pourrez récolter le gazon, les pissenlits, diverses herbacées, les orties, les pâquerettes, les liserons… Vous pourrez y adjoindre en complément de la chicorée, endives, mâche, roquette, cresson, feuilles de choux ou de brocolis, fanes de radis ou de carottes et bien évidemment des figues de barbarie fraîches (Ca/P = 96) ou de quelques fruits rouges avec parcimonie. Les autres végétaux sont soit toxiques soit simplement déconseillés.

Conditions d’entretien des tortues de « jardin » : sous des apparences rustiques, les tortues de jardin sont en fait très fragiles en captivité. Il faudra donc éviter autant que possible la vie en terrarium. Elles sont candidates à l’élevage en plein air à la belle saison car le soleil est un besoin vital. L’aménagement d’un enclos est préférable à la vie en totale liberté dans un jardin : il permet en effet de mieux contrôler l’état de santé et d’éviter de nombreux accidents domestiques (notamment les fractures de la carapace). Elles affectionnent des températures optimales entre 25 et 30 °C (ZTO).

DOMINANTES PATHOLOGIQUES DU LAPIN « DE COMPAGNIE » ET DE LA TORTUE « DE JARDIN ».

Chez le lapin de compagnie, de par leur espérance de vie prolongée, les affections buccodentaires représentent une cause très fréquente des consultations d’urgence. On recense notamment les malocclusions incisives, jugales (molaires) et les abcès buccodentaires.

Les affections digestives sont tout aussi fréquentes et l’arrêt du transit est le symptôme majeur. L’anorexie, très fréquemment associée, entraine rapidement des complications systémiques graves. Le « syndrome entérite » ou « syndrome diarrhée » est moins fréquent chez le lapin de compagnie que chez le lapin d’élevage. Les entérites les plus souvent observées sont des entérites non spécifiques, les entérites de sevrage, les entérotoxémies et le syndrome dit « des crottes molles ».

Les affections respiratoires sont liées à des prédispositions anatomiques et sont majoritairement d’origine infectieuse (Pasteurelles, Bordetelles et Staphylocoques). La toux est rare, alors que les éternuements, le jetage et la dyspnée sont fréquents.

Les affections dermatologiques alopéciques et prurigineuses son majoritairement parasitaires.

Les affections hépatiques et l’insuffisance rénale s’expriment par des signes cliniques peu spécifiques (amaigrissement, anorexie, troubles digestifs et ictère modérés voire absents) et sont par conséquent sous diagnostiquées.

Les affections neurologiques, fréquentes et spectaculaires chez le lapin de compagnie, constituent les principales consultations à caractère d’urgence. Les causes sont parasitaires (encéphalitozoonose), bactériennes (otites) ou traumatiques… Elles sont surtout représentées par le syndrome vestibulaire, les crises convulsives, les parésies et paralysies.

Chez nos tortues de jardin, léthargie, anorexie et amaigrissement sont des symptômes non spécifiques très fréquemment rencontrés.

Les fractures par morsure de chien, les scalps de la dossière par les lames de tondeuses et les écrasements comminutifs sont toujours très impressionnants mais ces patients polytraumatisés récupèrent de manière spectaculaire après cicatrisation par deuxième intention ou reconstruction orthopédique vétérinaire à base de cerclages métalliques térébrants désormais délaissés au profit de plaques et de vis intradermiques avec cerclages externes non invasifs.

Les affections respiratoires hautes (sphère ORL) et profondes (pneumopathies bactériennes ou mycosiques survenant sur des animaux fragilisés par des conditions de détention inadaptées (coups de froid), les tortues atteintes sont faibles par manque d’oxygène, leur respiration est bruyante, leur cou tendu vers l’avant (« soif d’oxygène »), gueule entrouverte, remplie de mucus, sont particulièrement fréquentes et leur pronostic toujours réservé. Les rhinites contagieuses se manifestent par un jetage (écoulement nasal) et sont dues à deux pathogènes machiavéliques, le mycoplasme et l’herpès virus. Le rhume à mycoplasmes apparaît souvent au printemps, au sortir de l’hibernation, lorsque les températures extérieures sont encore trop fraîches. Malgré des protocoles de soins intensifs rigoureux et prolongés, toute tortue atteinte de rhinite à mycoplasmes doit être considérée comme porteuse à vie et donc contaminante pour ses congénères. La stomato-rhinite ou glossite herpétique relativement pathognomonique cliniquement est certainement la pathologie ORL dont le pronostic est le plus sombre, cette maladie étant mortelle à 100% à plus ou moins long terme.

Les hépatopathies comptent avec les affections urogénitales (insuffisance rénale et rétention d’œufs) parmi les pathologies les plus fréquemment observées chez les tortues en captivité mais leur expression clinique est généralement si discrète et si peu spécifique (léthargie et anorexie) qu’elles sont probablement sous diagnostiquées ou dépistées trop tardivement, à un stade souvent avancé d’insuffisance hépatocellulaire irréversible. Dans une étude sur l’insuffisance rénale menée sur près de 300 tortues terrestres autopsiées après avoir été maintenues en captivité, plus de 64% d’entre elles présentaient des altérations de la fonction rénale et chez près de 15% d’entre elles cette insuffisance rénale était la cause directe de leur décès.

Nous conclurons notre approche pathologique par sans nul doute LA MALADIE de la tortue en captivité à savoir l’ostéodystrophie fibreuse métabolique ( Meatbolic Bone Disease (MBD) ou maladie métabolique osseuse). Cette affection musculo-squelettique est une maladie à la fois nutritionnelle et environnementale, caractérisée par une faiblesse musculaire généralisée et un ramollissement de l’ensemble du squelette et de la carapace. Cette maladie résulte d’un régime alimentaire carencé en calcium et d’une hypovitaminose D3. L’ostéofibrose est une maladie d’installation lente et insidieuse, certes réversible mais toujours longue à guérir ! Le traitement de cette affection métabolique est à la fois médical, diététique et environnemental : des injections quotidiennes de gluconate de calcium combinées à un régime riche en calcium végétal et une lutte contre l’hypovitaminose D3 grâce à une exposition accrue aux UVB naturels ou artificiels sont à mettre en place impérativement et rapidement.

Alors pour vos lapins et tortues n’hésitez pas à nous demander conseil !

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