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LES ZOONOSES : HALTE AUX RISQUES HUMAINS A PARIS 14

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ECHINOCOCCOSE ALVEOLAIRE

Une menace pour la santé publique

L’infestation des renards par E.multilocularis est en nette augmentation en France. La présence et l’intrusion permanente des renards en milieu urbain nous font craindre une extension géographique nationale inéluctable. Nos chiens et nos chats n’échapperont pas à ce dangereux parasite . L’extension aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain est certaine et préoccupante de part la fréquentation croissante des villes par nos chers amis les renards.

En France, le renard roux est l’hôte définitif d’E. multilocularis. Ils’infeste en ingérant des rongeurs (campagnols surtout) hébergeantla forme larvaire du parasite. Dansce schéma, l’Homme peut être infesté lors d’ingestion d’eau oud’aliments (baies sauvages, champignons) contaminés par des sellesde renard ou encore à la suite de la manipulation sans précaution d’uncadavre de cette espèce.Le chien et le chat peuvent également être hôtes définitifs après l’ingestion de petits rongeurs sauvage.

Extension en milieu rural

Des enquêtes récentes montrent une nette extension de la zonede répartition du parasite vers l’ouest et le sud de la France (voir carte).Cette enquête(par excès de prudence) ne s’est pas intéressée à tous les départements français et il est donc fort probable que l’échinococcose ait conquis tout le territoire français en 2016.

Le renard à la conquête des villes

La richesse du milieu urbain en sources de nourriture (déchets alimentaires)a pour effet de permettre l’installation en ville de populations de renards. Les zones à urbanisation moyenne réunissent les conditions les plus propices pour la transmission à l’homme : les renards et les micro-rongeursy sont nombreux, les habitants bénéficient de jardins privatifs, voire de potagers, et la possession d’un animal de compagnie est fréquente. Des expérimentations de vermifugation orale des renards grâce à des appâts contenant du praziquantel ont été menées en milieu urbain avec des résultats parfois très satisfaisants. Les protocoles de ce type d’action restent à établir.

Informer nos clients

Reconnus comme une source fiable d’information sur la santé, les vétérinaires ont un rôle à jouer dans la protection des populations contre l’échinococcose alvéolaire. Les praticiens des départements de l’est de la France ne sont plus les seuls concernés mais bel et bien tous les vétérinaires français. Une grande partie du territoire national est maintenant exposée et, comme les déplacements des animaux domestiques sont de plus en plus fréquents, tous les vétérinaires sont amenés à fournir des informations précises sur l’échinococcose alvéolaire.

Lors des consultations, et particulièrement lorsqu’il s’agit de propriétaires néophytes de chiens et de chats, le discours sur la prévention des parasitoses doit inclure les conseils suivants :

  • bien laver les aliments récoltés à l’extérieur (dans la nature ou dans le jardin) et les consommer cuits de préférence ;
  • protéger le potager contre les intrusions d’animaux sauvages ou domestiques ;
  • ne pas toucher aux cadavres de renards (ou avec des gants à usage unique).

En zone d’enzootie et pour des chiens qui chassent régulièrement des petits rongeurs, une vermifugation toutes les 4 semaines avec un produit comportant du praziquantel est conseillée. La molécule n’étant pas ovicide, il pourra être nécessaire de procéder à la destruction des selles et au shampooinage des animaux avec toutes les précautions nécessaires (port de gants à usage unique).

 

L’échinococcose alvéolaire chez l’Homme

Chez l’Homme, les larves d’E. multilocularis se développent dans le foie selon un mode lent et agressif comparable à celui d’un carcinome (tumeur maligne).Le diagnostic est difficile et souvent tardif. Le traitement nécessite une exérèse la plus large possible associée à un traitement anti parasitaire sur plusieurs années. Les patients gardent la plupart du temps des séquelles.

En France, la maladie reste rare. L’incidence moyenne est de l’ordre de 0,26 cas par million. Dans le Doubs, la Haute-Saône, le Jura, les Vosges et la Haute-Savoie, l’incidence annuelle est supérieure à 2 par million. Les facteurs de risque sont l’ingestion de végétaux sauvages, les activités agricoles, les contacts avec les renards et la chasse. Cependant, une augmentation du nombre de cas liée à l’extension des zones d’enzootie est attendue.

TOXOCAROSE

Malgré la mise en place régulière de plans de vermifugation, les vétérinaires devront toujours informer leur client du risque zoonotique que représente les ascaris du chien et du chat. L’homme et surtout les enfants se contaminent par ingestion des œufs en portant ses mains souillées à sa bouche ou en mangeant des légumes mal lavés. Les enfants sont malheureusement les plus exposés à cette contamination en jouant notamment dans les bacs à sable souillés par les crottes de chiens ou de chats. La toxocarose chez l’homme passe souvent inaperçu et sous diagnostiqué de part la présence de signes cliniques peu évocateurs. Mais il existe des formes plus graves comme l’atteinte oculaire ou cérébrales.

Risques et prévention chez l’animal et l’Homme

Les chiens et les chats, malgré la mise en place de vermifugations régulières, sont encore aujourd’hui une source importante de contamination indirecte de l’Homme par les nématodes du genre Toxocara spp. Les praticiens doivent garder à l’esprit les risques que la toxocarose représente pour l’Homme. La connaissance de la biologie des parasites permet d’élaborer un plan stratégique de prévention adapté à chaque cas et de justifier auprès des propriétaires de chiens ou de chats des mesures hygiéniques à respecter.

L’Homme se contamine par ingestion de cette forme infestant, en portant à sa bouche ses mains souillées ou enmangeant des légumes mal lavés. Les occasions sont fréquentes car il existe une forte contamination des sols, particulièrement dans les jardins publics et les aires de jeu (les bacs à sable sont très exposés), d’autant que les œufs embryonns peuvent survivre plusieurs années dans un environnement favorable. Les chiens et les chats ne sont pas les seuls responsables de cette contamination environnementale: il semble que l’implantation de renards roux en milieu urbain puisse jouer un rôle non négligeable. La contamination humaine via le pelage des animaux de compagnie est assez improbable, les œufs adhérant forte mentaux poils et étant peu souvent embryonnés. Il existe une autre source de contamination possible : l’ingestion de la viande mal cuite d’un hôte paraténique (ruminants, porcs, oiseaux)contenant des larves enkystées.

La toxocarose chez l’Homme

Il existe plusieurs formes de toxocarose humaine : la toxocarose commune, parfois asymptomatique, parfois à l’origine de signes cliniques frustres comme de l’asthénie, des douleurs digestives ou musculaires, des troubles du sommeil, des formes allergiques(rash cutané, prurit, toux) ; la forme appelée larvamigransviscérale, avec atteinte de l’état général, fièvre, hépatomégalie, troubles digestifs, signes pulmonaires et cutanés ; la toxocarose oculaire, avec uvéite et choriorétinite ; la toxocarose neurologique, plus rare, avec méningite ou/et encéphalite. Le diagnostic de toxocarose est mal aisé. Quoi qu’il en soit, la contamination humaine par Toxocara sp. n’est pas rare : la séroprévalence dans les pays européens varie de 2,5 à 44 % suivant la région et la tranche d’âge. La moyenne générale est de l’ordre de 19 %aux Pays-Bas. Ces chiffres sont beaucoup plus élevés dans les zones tropicales. Ainsi, à la Réunion, la séroprévalence est de 93 % chez les enfants !

La toxocarose chez le chien et le chat

La prévalence chez le chien et le chat est également variable en fonction du mode de vie et de l’âge. En Europe de l’Ouest, elle est de 3,5 à 34 % chez le chien et de 8 à76 % chez le chat. La toxocarose clinique est plus fréquente chez les chiot set les chatons, mais beaucoup d’adultes sont porteurs asymptomatiques et assurent ainsi un rôle de réservoir.

Application à la prévention de la toxocarose humaine

Aucune action de décontamination de l’environnement n’ayant fait ses preuves, la prévention de la toxocarose humaine passe d’une part par le respect de mesures hygiéniques et d’autre part par une vermifugation régulière des animaux de compagnie. Il faut convaincre les propriétaires de chiens et de chats de ramasser les selles de leur animal, limiter leur accès aux potagers, respecter les restrictions d’accès aux espaces de jeu, aux plages et autres endroits publics, laver soigneusement les légumes, cuire correctement la viande. Ils doivent également mettre en place un traitement stratégique de leur animal. En ce qui concerne les chiots, les risques de contamination par voie intra-utérine puis par le lait justifient une vermifugation dès l’âge de 2 semaines, puis à 4, 6 et 8 semaines, puis tous les mois jusqu’à l’âge de 6 mois. Chez le chaton, pour lequel la contamination intra-utérine n’existe pas, la vermifugation pourra être faite à 3, 5, 7 et 9 semaines, puis tous les mois jusqu’à l’âge de 6 mois. En ce qui concerne les animaux plus âgés, leur rôle de réservoir est à prendre

en considération. Il a été démontré qu’une vermifugation tous les 6 mois était insuffisante. Il est donc préférable de recommander a minima 4vermifugations par an, voire une vermifugation toutes les 4 à 6 semaines en cas de contamination environnementale avérée et de risques majorés(présence de jeunes enfants, de personnes immunodéprimées). La vermifugation des reproductrices en cours de gestation est pertinente s'il on utilise un anthelminthique larvicide. Par ailleurs, les mères seront vermifugées systématiquement en même temps que leur progéniture.

Pas de chiens dans les bacs à sable et encore moins les chiots

Le ramassage des crottes doit être systématique

TOXOPLASMOSE

Le chat joue un rôle indéniable dans la toxoplasmose tant redoutée par les femmes enceintes. Mais à la vue d’études scientifiques récentes, ce parasite ne semble plus se cantonner à un rôle pathogène uniquement pendant la gestation. Le vétérinaire doit donc jouer un rôle d’information et de prévention de cette contamination humaine. Toxoplasma gondii est présent chez 30 à 40 % des chats occidentaux. Ce parasite du chat fait courir des risques graves lors de la grossesse de femmes séronégatives. Mais des études récentes ont démontré des cas de contamination des bébés chez des femmes pourtant séropositives en début de grossesse. Ceci nous amène à étendre à toutes les femmes enceintes des mesures de prévention efficace. Mais la toxoplasmose est aussi diagnostiquée cliniquement chez d’autres individus adultes et des études scientifiques très sérieuses ont prouvé une corrélation entre la toxoplasmose et des troubles psychiatriques comme schizophrénie, dépression, troubles obsessionnels compulsifs.

Une séroprévalence élevée

La toxoplasmose est une maladie présente dans tous les pays du globe. La séroprévalence mondiale chez le chat est de l’ordre de 30 à 40 %,avec une certaine disparité selon les pays. Un chat contaminé par T.gondii excrète dans ses selles des oocystes qui deviennent infectants après une maturation (encore appelée sporulation) de 1 à 5 jours dans l’environnement.

Les risques pour la femme enceinte

Le risque le mieux connu que la toxoplasmose fait courir à l’espèce humaine est celui de la contamination des enfants in utero. Une mère contaminée par T. gondii pendant sa grossesse expose son enfant à une toxoplasmose grave, avec risque d’atteintes oculaires, cérébrales et pulmonaires. En fin de grossesse la réceptivité est réduite mais le risque de lésions fœtales est élevé. Comme les infections prénatales sont la conséquence d’une primo-infection maternelle en cours de grossesse, un test sérologique de dépistage est obligatoire lors d’une déclaration dégrossasse en France. Une enquête de 2003 montre une séroprévalence de 44 % chez les françaises enceintes. Les futures mères séronégatives font l’objet d’un suivi mensuel jusqu’au terme et reçoivent des conseils de prévention de la part du corps médical. Cependant, des cas de toxoplasmoses infantiles prénatales ayant été observés chez des femmes pourtant séropositives au début de leur grossesse, les mêmes mesures sanitaires de prévention doivent leur être appliquées.

Des conséquences variées

La toxoplasmose représente également un risque sanitaire chez les individus immunodéprimés. En revanche, on a longtemps considéré que les personnes immunocompétentes étaient peu exposées à la maladie et que l’infection était très généralement asymptomatique, une fièvre et une lymphadénopathie pouvant être occasionnellement observées. Cette position est remise en cause par deux faits nouveaux. Le premier est l’observation de séries de cas de toxoplasmose symptomatique chez l’adulte, liés par exemple à une contamination de l’eau de boisson ou à la consommation de viande d’agneau. L’autre est la mise en évidence d’une corrélation entre certains troubles psychique set neurologiques (schizophrénie, dépression, troubles obsessionnels compulsifs…) et une séropositivité élevée. Ainsi, il apparaît à travers plusieurs études que la toxoplasmose est l’un des principaux, si ce n’est le principal facteur de risque en ce qui concerne la schizophrénie. Il est par conséquent bien possible que le rôle pathogène de T. gondii soit sous-évalué chez l’Homme et que le devoir d’information dévolu au vétérinaire praticien ne se limite pas aux seuls conseils de prévention pour les femmes enceintes séronégatives.

Toxoplasmose : recommandations pour les femmes enceintes

Le devoir d’information du vétérinaire ne se limite donc pas aux seuls conseils des femmes enceintes séronégatives. La toxoplasmose est une maladie parasitaire très grave pour la femme à l’origine d’avortements ou de troubles du développement de l’enfant qu’elle porte. Le chat hébergeant très fréquemment ce parasite, le corps médical le considère par erreur comme la source majeure de contamination humaine. Dans les faits, ce sont les aliments qui jouent le rôle principal de contamination. En réalité, un humain se contamine en mangeant des crudités mal lavées ou des viandes pas assez cuites ainsi qu’en oubliant de se laver les mains avant de manger. La présence du chat dans le foyer est donc loin d’être le seul facteur de risque pour l’homme. Les légumes doivent être soigneusement lavés et les viandes congelées pendant au moins 48 heures.

En pratique, les conseils à rappeler aux femmes enceintes :

la viande doit être cuite à cœur ou avoir subi une congélation à- 20 °C pendant au moins 48 h ;
  • les légumes et fruits doivent être soigneusement lavés et si possible cuits avant ingestion ;
  • les aliments doivent être protégés des insectes et autres animaux pouvant transporter des oocystes ;
  • il faut éviter de boire de l’eau de surface non traitée ;
  • le lavage soigneux des mains est recommandé après manipulation de terre ou de viande crue. Le port de gants pour ce type de manipulation est à recommander pour les personnes à risque ;
  • il faut éviter le contact avec les fèces de chat. Le port de gants pour la manipulation des litières et l’élimination des selles est conseillé. Le nettoyage quotidien des litières permet d’anticiper la sporulation des oocystes et réduit les risques de contamination ;
  • on déconseillera une trop grande proximité entre les personnes à risque et les chats, particulièrement en interdisant à ceux-ci de dormir sur les lits.
  • en ce qui concerne la contamination postnatale des enfants, il est nécessaire d’empêcher que les chats puissent souiller les bacs à sable, en y plaçant un couvercle par exemple.
  • en ce qui concerne les chats eux-mêmes, il est possible de réduire les risques de contamination en évitant la distribution de viande crue ou mal cuite et en les gardant à l’intérieur, afin qu’ils ne puissent ingérer des proies contaminées. Le port d’une petite clochette peut être parfois conseillé. Cela permet de limiter considérablement la capacité des chats de chasser des petits rongeurs ou des oiseaux (et donc le risque de contamination par T. gondii).La vaccination des chats vis-à-vis de T. gondii permettrait de réduire l’impact de la toxoplasmose en Santé Publique. Pour l’instant, aucun vaccin n’est commercialisé mais plusieurs études sont actuellement réalisées pour le développement de cette stratégie de prévention.

LEPTOSPIROSE

Les leptospires appartiennent à la famille des Spirochètes, des bactéries spiralées et mobiles.

Après avoir quasiment disparue dans les années 80, on observe depuis 15 ans (environ l’an 2000) une très forte recrudescence de la leptospirose canine. Cette recrudescence de la maladie va désormais être stoppée si nous décidons d’utiliser de nouveaux vaccins dirigés contre les nouvelles souches de leptospires. La souche émergente en France et en Europe s’appelle Le ptospira australis  et les hôtes réservoirs sont le cochon, le rat (37% des rats urbains et 12% des rats ruraux sont porteurs dans les urines), les ragondins et les hérissons (37% sont porteurs dans les urines)…

Le rat : le réservoir sauvage des leptospires

Les échecs des vaccins actuels sont dus à l’évolution des souches de leptospires pathogènes (surtout Leptospira australis). La prévention chez l’Homme comme chez l’animal passe par une vaccination adaptée aux souches pathogènes du moment.

La leptospirose est une maladie grave chez le chien comme chez l’Homme (600 cas diagnostiquées par an  chez l’Homme avec 10 à 20% de mortalité car la reconnaissance de la maladie est relativement tardive (symptômes insidieux). Elle est due à des bactéries (Leptospira spp.) contenues dans les urines des rats, renards et hérissons. Elle concerne donc tout autant les campagnes que les villes à cause de la conquête des grandes villes par les rats et les renards.

L’AGENT PATHOGÈNE :LEPTOSPIRA INTERROGANS

LA ZOONOSE MONDIALE LA PLUS RÉPANDUE

Plus d’un million de cas sévères de leptospirose sont recensés annuellement dans le monde. La maladie touche essentiellement les populations vivant dans des habitats insalubres périurbain sou ruraux en régions tropicales, où Hommes et animaux se côtoient dans une grande proximité et dans de mauvaises conditions d’hygiène. L’Asie du Sud-est et l’Amérique du Sud sont les régions les plus touchées. Les épidémies de leptospirose sont superposables à des événements météorologiques entraînant de fortes précipitations :entre 1970 et2012, 38 %des épidémies sont apparues liées à des épisodes d’inondations ou de pluies très fortes. L’incidence globale de la leptospirose augmente actuellement et elle fait partie des six maladies reconnues par l’AFSSA comme les plus susceptibles d’être affectées par les modifications climatiques enEurope.Environ600 cas de leptospirose sont recensés annuellement en métropole, soit 1cas/100 000 habitants, principale ment entre juin et octobre ; (c’est d’ailleurs l’incidence la plus élevée depuis 1920, soit un retour un siècle en arrière).L’incidence est largement supérieure dans les départements français d'Outre-mer, en particulier à Mayotte (75 cas/100 000 hab.) et en Polynésie Française (49 cas/100 000 hab.).

UN TABLEAU CLINIQUE TRÈS VARIABLE

Après une période d’incubation allant de 4à 14 jours, la leptospirose humaine peut entraîner l’apparition de signes cliniques très variés : fièvre, céphalées et myalgies intenses, ictère, syndrome d’insuffisance rénale aiguë, saignements, etc. Comme chez le chien, un syndrome pulmonaire hémorragique apparaît de plus en plus souvent. Le taux de mortalité est d’environ10 % mais il peut atteindre20 % lors de certaines épidémies. En France métropolitaine, pendant les années 2015/2014, avec un doublement du nombre de cas constaté par rapport aux années précédentes de 2011/2012, nous assistons à une réelle flambée préoccupante…

LES PRINCIPAUX SÉROGROUPESIDENTIFIÉS CHEZ L’HOMME

Chez l’Homme, le sérogroupe le plus souvent impliqué est icterohaemorrhagiae. En France métropolitaine, viennent ensuite les sérogroupescanicola, australis, sejroë, ballum, grippotyphosa, etc. La distribution des sérogroupeset sérovars peut varier considérablement selon les régions mais un sérovar est souvent associé à un réservoir animal donné. Le rat constitue le principal réservoir de la leptospirose mais les hôtes potentiels sont nombreux(rongeurs, opossums, mangoustes, chauve-souris, cochons, bovins, chiens, etc.).

MESURES DE PRÉVENTION

Un vaccin monovalent, dirigé contre L. interrogans, sérovar icterohaemorrhagiae, est proposé en France aux travailleurs très exposés : égoutiers, éboueurs, agriculteurs, éleveurs, vétérinaires, etc. Le protocole vaccinal comprend deux injections à 15 jours d’intervalle avec un rappel 6 mois plus tard, puis tous les 2 ans. Pour les personnes pratiquant des loisirs en eau douce (pêche, nage, rafting, canyoning, etc.),il est conseillé de porter des vêtements protecteurs(gants, bottes, combinaisons) et d’éviter de se baigner lorsqu’on est porteur de plaies. En cas de fièvre, il faut signaler à son médecin une baignade en eau douce ayant eu lieu au cours des deux semaines précédentes.

La leptospirose reste une maladie sous-diagnostiquée du fait de l’absence de symptômes spécifiques, d’un système de surveillance souvent défaillant et d’un manque de tests de diagnostic rapides et simples à réaliser. Près d’un siècle après la découverte de l’agent causale la leptospirose, cette zoonose reste un problème de santé publique majeur dans de nombreux pays en développement, notamment à cause de l’urbanisation grandissante et de la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes s’accompagnant d’inondations.

Le hérisson : un des réservoirs des leptospires (en vert sur fond rouge)

Chien atteint de leptospirose : ictère des muqueuses

MALADIE DES GRIFFES DU CHAT

Infection par Bartonella henselae, la bartonellose féline

La bartonellose est une zoonose. La contamination de l’Homme par le chat se réalise à la faveur d’une griffure, d’où son appellation de « maladie des griffes du chat ».

Etiologie

L’agent pathogène de la bartonellose est une petite bactérie appelée Bartonella henselae.

Bartonella henselae

Epidémiologie

Cette infection féline par les bactéries du genre Bartonella est présente partout dans le monde.

Le chat constitue le principal réservoir de la bactérie. En France, 8 à 16,5% des chats domestiques et 53 à 62% des chats errants portent Bartonella clarridgeioe ou B. henselae dans leur sang.

Les animaux le plus souvent porteurs sont ceux âgés de moins d’un an et infestés par des puces.

Modes de transmission de la bactérie

Chez le chat

La transmission des bartonelles entre chats est assurée par la puce : on parle de transmission vectorielle. La puce porteuse excrète des bartonelles dans ses déjections, qui sont éliminées dans le pelage. Les bactéries restent infectantes dans les crottes de puces pendant plusieurs jours.

En se grattant, le chat, peut s’inoculer la bactérie, qui passe alors dans le sang. Le chat est infecté mais ne présente pas de symptômes dans la majorité des cas.

Lors d’un repas de sang, les puces ingèrent des bactéries qu’elles éliminent ensuite avec leurs déjections sur le pelage du chat.

Les griffes voire la salive du chat sont contaminées lors du toilettage.

Chez l’Homme

L’infection chez l’Homme est due à la pénétration de la bactérie par voie cutanée, le plus souvent par griffure de chat et plus rarement par contamination d’une plaie cutanée (voir schéma 1).

Les enfants et les jeunes adultes sont les plus touchés. La maladie sévit en général sous forme de cas isolés, même si l’atteinte de plusieurs individus d’une même famille peut être observée.

Signes cliniques chez le chat

La bartonellose est essentiellement asymptomatique.

Généralement le chat est porteur asymptomatique : il est infecté, mais ne présente pas de symptômes. Néanmoins dans certains cas, une anémie sévère et une fièvre prolongée d’environ trois semaines peuvent être observées. Parfois l’infection par les bartonelles peut être plus grave et toucher le cœur et les yeux. Le statut immunitaire du chat, et la virulence du variant en cause seraient à l’origine de la présence de symptômes ou non.

Lorsque le chat est malade, on dit qu’il est atteint de bartonellose féline.

La maladie des griffes du chat chez l’Homme

Lorsqu’un être humain est infecté, la première lésion a la forme d’une papule (bouton) ou d’une pustule rouge. Dans les jours qui suivent, les symptômes généraux apparaissent : fièvre, fatigue et maux de tête. Enfin, la taille du ganglion drainant la zone de la griffure augmente.

Dans la plupart des cas, la guérison spontanée a lieu en quelques semaines. Parfois le ganglion infecté doit être ponctionné pour éliminer le pus.

Des complications (cardiaques, nerveuses,..) sont possibles mais restent rares. Attention, les personnes immunodéprimées peuvent présenter des formes plus graves.

Prévention

  • Chez le chat et en l’absence de vaccin disponible, seules des mesures de prévention sanitaire peuvent être appliquées :
  • garder les chats à l’intérieur pour éviter le contact avec des chats infestés par des puces,
  • lutter contre les puces.                                   
  • Chez l’Homme, la prévention passe par :
  • les mesures habituelles d'hygiène (lavage des mains après tout contact avec un chat),
  • le nettoyage de toute griffure ou morsure à l'eau et au savon, suivie d’une désinfection,
  • la prévention des morsures et des griffures en manipulant les chats avec douceur.
  • NB : l'ablation des griffes du chat n'a pas d'intérêt pour prévenir cette maladie. Elle est de surcroît interdite en France.

Interdiction par la loi de lui arracher les griffes

NOTIONS CLEFS

  • La bartonellose est une zoonose bactérienne due à Bartonella henselae.
  • Le chat est le principal réservoir de la bactérie.
  • Le chat est en général «porteur asymptomatique ». Des formes graves peuvent rarement être observées (atteinte cardiaque par exemple).
  • La transmission entre chats est assurée par les puces.
  • L’Homme s’infecte principalement par griffure et plus rarement par morsure.
  • La prévention de la maladie chez les chats et chez l’Homme passe principalement par le contrôle mensuel des puces chez le chat.

Attention aux morsures et griffures de chatons sur de jeunes humains…

Eliminer intégralement les puces avec une pipette d’Advantage

MALADIE DE LYME

Cette maladie fait actuellement la une de tous les journaux…

La maladie de Lyme ou "borréliose de Lyme" est une maladie infectieuse due à une bactérie appelée Borrelia burgdorferi, transmise par l'intermédiaire d'une piqûre de tique infectée. Cette zoonose peut toucher plusieurs organes et systèmes, la peau mais aussi les articulations et le système nerveux. Non traitée, elle évolue sur plusieurs années ou décennies en trois stades de plus en plus graves. Le traitement repose sur la prise d'antibiotiques, il sera d'autant plus efficace qu'il sera administré rapidement. On recense 180 cas pour 100 000 habitants en Alsace et 43 cas pour 100 000 sur la France entière, soit 27 000 cas déclarés par an en France (en réalité il y en aurait 3 fois plus, soit 81 000 cas, car beaucoup de cas sont asymptomatiques au départ (pas d’érythème chronique migrant).

Ixodes ricinus : la tique des « forêts » vectrice de la maladie de Lyme

Qu'est-ce que la maladie de Lyme ?

La maladie de Lyme (ou Borréliose de Lyme) est une infection bactérienne, répandue mondialement (environ 25 000 cas déclarés par an en France),  transmise à l'Homme par piqûre de tiques. Si vous avez été piqués, veillez à bien retirer la tique grâce à nos conseils.

Causes et facteurs de risque de la borréliose de Lyme

La bactérie responsable est un spirochète, c'est-à-dire une bactérie de forme hélicoïdale, qui répond au doux nom de Borrelia burgdorferi.

Borrelia burgdorferi

Les activités conduisant à des contacts avec les tiques représentent le principal facteur de risque de survenue de la maladie : travaux agricoles, promenades en forêt.

Le réservoir de germes est très vaste : tiques, mammifères domestiques (chiens, chevaux, bétail) et sauvages (écureuils, chevreuils, cerfs, mulots, campagnols).

En France, la majorité des contaminations survient entre les mois de mars et de septembre.

Symptômes de la maladie de Lyme

Après l'inoculation cutanée de la bactérie lors de la piqûre de tique, la maladie de Lyme évolue en trois grandes phases, séparées par des périodes asymptomatiques (absence de signes de la maladie).

LA PHASE PRIMAIRE DE LA MALADIE DE LYME

ERYTHEME CHRONIQUE MIGRANT

Elle est caractérisée par une lésion cutanée : l'érythème chronique migrant (ECM). Cette lésion survient entre 3 et 30 jours après la piqûre de tique. Il s'agit d'une papule érythémateuse (rouge) centrée par le point de piqûre, s'étendant progressivement de façon centrifuge. La lésion est ovale (pouvant mesurer jusqu'à 50 cm), la bordure est plus érythémateuse (rouge) que son centre qui retrouve progressivement un aspect cutané normal. Elle est habituellement non prurigineuse (absence de grattage) et siège préférentiellement aux membres inférieurs (parfois aux membres supérieurs, voire au visage chez l'enfant).

Des manifestations générales (maux de têtedouleurs articulaires, légère augmentation de la température corporelle, fatigue) et hypertrophie des ganglions proches de la lésion cutanée peuvent être associés traduisant la dissémination de la bactérie dans l'organisme.

En l'absence de traitement, l'ECM évolue pendant quelques semaines (extension progressive) et disparaît sans séquelle.

LA PHASE SECONDAIRE DE LA MALADIE DE LYME

Elle survient plusieurs semaines ou mois après la disparition de l'ECM mais peut révéler la maladie (l'ECM étant passé inaperçu ou pouvant manquer dans près de la moitié des cas). Cette phase se caractérise par :

  • Des manifestations cutanées: il s'agit de lésions semblables à celles observées lors de la phase primaire de la maladie ;
  • Des manifestations articulairesdouleurs articulaires fréquentes. Les arthrites (inflammation des articulations) sont moins fréquentes et touchent les grosses articulations (genou) ;
  • Des manifestations cardiaquessyncopes (perte de connaissance),palpitations (sensation de battement cardiaque dans la poitrine), douleurs thoraciques et surtout troubles de la conduction auriculo-ventriculaire (le "courant électrique" circulant normalement des oreillettes aux ventricules est interrompu de façon sporadique pouvant entraîner de graves problèmes cardiaques). Ces manifestations cardiaques évoluent le plus souvent vers la guérison sans séquelle ;
  • Des manifestations neurologiques: la radiculite hyper-algique (inflammation très douloureuse des racines des nerfs innervant le territoire de la piqûre de tique). Le nerf facial est fréquemment touché. Une  méningite peut également s'observer.

LA PHASE TERTIAIRE OU PHASE TARDIVE DE LA MALADIE DE LYME

Elle se manifeste des mois ou des années après le début de l'infection par :

  • Des atteintes cutanées: la maladie de Pick Herxheimer (inflammation cutanée évoluant vers une atrophie de la peau), le lymphocytome cutané bénin (nodules violacés, arrondis, à contours nets, fermes, localisés sur le front, le lobe de l'oreille et régressant spontanément en quelques mois) ;
  • Des atteintes articulaires: identiques à celles observées dans la phase secondaire ;
  • Des atteintes neurologiques: touchant la moelle épinière ou le cerveau (manifestations neuro-psychiatriques diverses). Elle est qualifiée de « grande imitatrice » par les spécialistes du domaine tant la clinique est polymorphe.

TEIGNE : MEFIEZ VOUS DES APPARENCES !

Votre chien ou votre chat a la teigne ? Voici pourquoi il faut respecter la prescription de votre vétérinaire

La teigne est due à un champignon qui se développe sur la peau et dans les poils de votre compagnon. Les espèces de champignons pouvant provoquer la teigne chez les chiens et les chats sont susceptibles de contaminer les êtres humains, en particulier les enfants ou les personnes affaiblies. La transmission se fait par contact direct avec l'animal ayant des lésions cutanées, par contact avec d'autres animaux de la maison eux-mêmes porteurs du champignon, ou encore par les objets et les surfaces contaminés. Attention, un chien ou un chat peut être porteur même en l'absence de lésions cutanées.

La prescription donnée par votre vétérinaire a donc plusieurs buts :

  • Accélérer la guérison de l'animal malade, pour son bien, bien sûr, mais aussi afin qu'il ne soit plus une source de contamination pour ses proches. Pour cela, il est indispensable de donner le traitement prescrit à la bonne dose et pendant la durée nécessaire, qui est de plusieurs semaines. Ce n'est pas parce que ses problèmes cutanés disparaissent que votre chien ou votre chat est complètement guéri et ne représente plus aucun risque de contamination. Seuls des examens de contrôle permettront de savoir quand il faut arrêter le traitement : n'oubliez pas les visites de suivi !
  • Eviter que les autres animaux de la maison deviennent porteurs de la maladie. Si ce risque existe, le vétérinaire vous prescrira un traitement, et même des examens, pour vos autres compagnons. Il vous demandera également de les isoler du malade en attendant sa guérison.
  • Eviter que vous ou votre famille ne soient contaminés. Il est recommandé de porter des gants et une blouse pour manipuler l'animal malade. Il est également nécessaire de l'isoler dans un espace à part tant qu'il est contagieux.
  • Décontaminer votre environnement. Les spores du champignon, qui sont la source de la contamination, sont surtout présentes sur les poils. Le balayage et mieux encore le passage de l'aspirateur permettent de ramasser les poils disséminés dans l'environnement. Il est nécessaire ensuite de les détruire, si possible en les brûlant. Votre vétérinaire vous conseillera un produit de désinfection des sols et des objets.
  • Aller voir son médecin pour suivre un traitement antifongique

Microsporum canis au microscope (dermatophyte agent de la teigne)

Examen de l’animal avec une lampe de Wood : aspect bleuté caractéristique de teigne

Lésions de teignes sur des chats : bien noter les pertes de poils (alopécies) en forme de ronds.

Chiens teigneux : teignes généralisées à l’ensemble du corps

Lésion de teigne chez l’homme : herpes circiné

LES GRANS PRINCIPES DE PRÉVENTION A RETENIR

PAS DE CHIENS DANS LES BACS A SABLE (NI DE CHATS)…

BIEN PROTEGER UN BEBE QUI VIT AVEC UN CHIOT OU UN CHATON…

ATTENTION A LA LEPTOSPIROSE ET AUX URINES DE CHIENS MALADES DANS LE JARDIN ET LE POTAGER ET SUR LES MAINS…

ON NE PREND JAMAIS DE HERISSON DANS LES MAINS…

PAS DE CHIENS NI DE CHATS DANS LE LIT…

POUR CONTINUER A VIVRE HEUREUXAVEC VOTRE ANIMAL DE COMPAGNIEECOUTER VOTRE MEDECIN ET VOTRE VETERINAIRE « FOR ONE HEALTH »

Remerciements aux Laboratoire Bayer Pharma pour les clichés de parasites

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